Côte d'Ivoire : MATCA sous tension et transporteurs à bout, la MTCI dénonce dérives, blocages et pressions financières
Les responsables MTCI (Ph Koaci)
À Abobo, le samedi 2 mai 2026, la Maison des Transporteurs de Côte d’Ivoire (MTCI) est sortie de son silence pour clarifier sa position face aux tensions persistantes qui secouent le secteur du transport routier. Par la voix de son président, Soumahoro Mamadou, l’organisation a tenu à balayer d’un revers de main des rumeurs jugées infondées, tout en exprimant de vives préoccupations sur plusieurs fronts, notamment la gouvernance de la Mutuelle d’Assurance des Taxis Compteurs d’Abidjan (MATCA), la multiplication des postes de contrôle et les conditions de financement du renouvellement du parc automobile.
Dans une mise au point ferme, la MTCI dément catégoriquement toute implication de son président dans un processus électoral interne à la MATCA. Selon le communiqué, les informations relayées ces dernières heures relèvent d’une tentative de manipulation orchestrée par des individus cherchant à fragiliser l’unité des transporteurs. L’organisation dénonce une stratégie visant à entretenir un climat de confusion afin de conserver des positions acquises de manière contestée.
Au-delà du démenti, la MTCI appelle clairement les autorités à mettre fin à l’administration provisoire actuellement en place au sein de la mutuelle, incarnée par M. Dicko Balamine. Pour elle, il est inconcevable que les sociétaires, déjà mobilisés pour écarter d’anciens dirigeants accusés de mauvaise gestion, soient désormais exclus de la conduite de leur propre institution. Elle fustige au passage ce qu’elle qualifie de processus électoral illégal et exige une restitution pleine et entière de la MATCA à ses membres.
Par ailleurs, l’organisation attire l’attention sur les difficultés croissantes rencontrées par les conducteurs sur le terrain. La prolifération des postes de contrôle, particulièrement dans le district d’Abidjan mais aussi sur les axes interurbains, est pointée du doigt comme un obstacle majeur à la rentabilité du secteur. La MTCI estime que cette situation ralentit considérablement les activités, alourdit les charges informelles et pénalise la libre circulation des personnes et des marchandises. Elle plaide ainsi pour une réduction significative de ces dispositifs afin de restaurer une mobilité plus fluide.
Enfin, la question du financement du renouvellement du parc automobile suscite une inquiétude particulière. Si la modernisation du secteur est unanimement reconnue comme nécessaire, la MTCI alerte sur les modalités actuelles proposées dans le cadre du Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR). Selon ses calculs, les conditions imposées aux transporteurs — combinant un apport initial conséquent et des remboursements journaliers élevés sur plusieurs années — aboutissent à un coût total largement supérieur à la valeur réelle du véhicule acquis. Une situation jugée insoutenable, voire dissuasive, pour de nombreux acteurs du secteur.
Face à cet ensemble de préoccupations, la MTCI appelle à une révision en profondeur des mécanismes en place. Elle insiste sur la nécessité d’un accompagnement véritablement adapté aux réalités économiques des transporteurs, afin que les réformes engagées ne se transforment pas en facteur d’exclusion ou de précarisation. Pour l’organisation, l’avenir du transport routier ivoirien dépend avant tout de la prise en compte des intérêts de ceux qui en assurent quotidiennement le fonctionnement.
Jean Chresus, Abidjan
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