Cameroun : Anicet Ekane inhumé ce samedi, dernier voyage d'un opposant mort en détention
Figure historique de la politique au Cameroun, le président du Manidem a été porté en terre ce samedi dans son village du Moungo, cinq mois après son décès en prison.
Ce samedi 9 mai 2026, en début d’après-midi, George Anicet Ekane a été conduit à sa dernière demeure à Bomono Gare, dans le département du Moungo, région du Littoral. Une cérémonie d'une rare intensité émotionnelle, marquée autant par la ferveur des hommages que par les fractures qu'elle a révélées.
Arrêté fin octobre 2025 après avoir affiché son soutien à un candidat opposé à Paul Biya lors de l'élection présidentielle, Anicet Ekane est décédé le 1er décembre 2025 en détention. Il avait refusé, jusqu'au bout, les silences confortables. Président du Manidem -Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie -, il était l'une des voix les plus constantes de l'opposition camerounaise depuis les grandes batailles idéologiques de l'ère postindépendance.
La mise en bière a eu lieu le matin même à l'hôpital Laquintinie de Douala, avant le convoi funèbre en direction de Bomono Gare. À l'arrivée dans le village natal, l'atmosphère était lourde et profondément émouvante : témoignages bouleversants, pleurs des enfants, douleur des proches et amis politiques et des simples connaissances. Des scènes poignantes qui ont dit, mieux que n'importe quel discours, l'attachement et l'empreinte qu'Ekane a laissés dans la vie de nombreux Camerounais.
Présences et absences remarquées
Parmi ceux venus rendre un dernier hommage, le Social Democratic Front (SDF) s'est mobilisé, conduit par son président national, l'honorable Joshua Osih. Des militants historiques, des figures politiques et de nombreux anonymes ont accompagné le cortège. Mais les obsèques auront aussi révélé des absences notoires, que beaucoup n'ont pas manqué de commenter.
Car même dans la mort, Anicet Ekane n'a pas laissé indifférent. Figure admirée pour sa constance par les uns, personnalité jugée radicale par les autres, il continue de diviser et de déranger c’est peut-être là, sans doute, le signe que son combat résonne encore.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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