Cameroun : Logone-et-chari, 9 morts dont une jeune mère dans une attribuée à Boko Haram
Des victimes de l'attaque (ph)
L’horreur s’installe à Melari. Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, ce village de l’arrondissement de Logone-Birni, département du Logone-et-Chari, région de l'Extrême-nord du Cameroun, a été la cible d’une attaque sanglante attribuée à Boko Haram dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, apprend-Koaci de sources communautaires et sécuritaires concordantes.
Attaque nocturne depuis le Nigeria
Selon des témoins et des sources locales fiables, les assaillants sont arrivés du Nigeria vers 21h30 à bord de plusieurs motos. Ils ont surpris les villageois dans leur sommeil.
Le bilan provisoire est lourd, 9 civils tués, dont une jeune femme qui venait d’accoucher 6 jours à peine.
9 autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles un enfant de 4 ans.
Cinq blessés graves sont sous soins intensifs à l’Hôpital Régional Annexe de Kousséri, les autres pris en charge au Centre de Santé de Kalakafra.
Melari, un couloir de la mort oublié
Situé sur l’axe Kousséri/Maltam-Maroua, entre Kabo et le camp de Gasama, à environ 10 km avant ce dernier, Melari est devenu un « couloir vide », selon les habitants.
La localité a subi trois attaques terroristes en trois mois, causant à chaque fois des pertes en vies humaines. Une première attaque avait déjà visé le village il y a environ une semaine.
Les populations de cette zone frontalière subissent des exactions régulières de Boko Haram.
Une source sécuritaire qui rapporte les faits, précise que Boko Haram agit par surprise. Les éléments de la secte islamiste disparaissent une fois leur forfait commis avant l'arrivée des forces de sécurité
Le Préfet au chevet des victimes, les populations exigent un poste militaire;
Face à ce drame, le Préfet du Logone-et-Chari, Fombele Mathias Tayem, s’est rendu ce 3 juillet à Melari avec son État-major. Il a transmis les messages de condoléances du Chef de l’État, du MINAT et du MINDEF, et s’est incliné devant la mémoire des « paisibles innocents tombés ».
Il a appelé la population à collaborer avec les FDS en matière de renseignement.
En réponse, les habitants ont demandé à l’autorité départementale de plaider auprès de la hiérarchie pour la création d’un poste avancé afin de sécuriser leur village. Le Préfet a aussi visité les blessés et ordonné la gratuité des soins dans les deux structures sanitaires.
Quand le silence tue, l'Extrême nord dans une routine sanglante
L’attaque de Melari n’est pas isolée. En quelques jours, Boko Haram a tué 9 personnes dans le Logone-et-Chari, 3 dans le Mayo-Tsanaga, et fait d’autres morts et blessés dans le Mayo-Sava, tous des départements de l'extrême nord camerounais.
Malgré les sacrifices des FDS, des comités de vigilance et des populations, « le gouvernement semble incapable de réformer urgemment le statut, l’équipement et la prise en charge des comités de vigilance », dénoncent des voix locales.
L’option d’un recrutement prioritaire de jeunes des localités exposées au sein des FDS est aussi réclamée.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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