Côte d'Ivoire : Journée mondiale de la photographie, le RAICI plaide pour une transformation en profondeur du secteur.
À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée chaque 19 août, le président du Réseau des Acteurs de l’Image en Côte d’Ivoire (RAICI), Serge Kobou, plaide pour une transformation en profondeur du secteur. Reconnaissance juridique, protection sociale, formation, réglementation des tarifs et union des organisations professionnelles : il appelle à une meilleure structuration des métiers de l’image pour leur permettre de franchir un nouveau cap.
La photographie ivoirienne est en pleine mutation. Portée par l’essor du numérique, la multiplication des supports de communication et l’importance croissante de l’image dans la vie économique et sociale, elle occupe désormais une place incontournable dans le quotidien des entreprises, des institutions et des particuliers.
À l’approche de la Journée mondiale de la photographie, le 19 août, Serge Kobou, président du Réseau des Acteurs de l’Image en Côte d’Ivoire (RAICI), souhaite toutefois dépasser la dimension festive de cette célébration. Pour lui, cette journée doit être l’occasion de poser un regard lucide sur les acquis, mais surtout sur les défis qui restent à relever pour les professionnels ivoiriens.
« Cette journée représente une opportunité de célébrer les acteurs du secteur, de regarder le chemin parcouru et d’évaluer ce qui reste à accomplir », souligne le président du RAICI, élu le 21 mars 2026.
Pour Serge Kobou, l’évolution de la photographie en Côte d’Ivoire est étroitement liée à la place grandissante de l’image dans la société contemporaine.
Communication institutionnelle, publicité, événementiel, médias, réseaux sociaux, marketing ou encore promotion des entreprises : l’image est devenue un élément stratégique de visibilité et de crédibilité.
« Aujourd’hui, tout se fait à travers l’image. Une entreprise, une institution ou une personnalité qui veut aller loin a besoin d’une image de qualité », explique-t-il.
Cette évolution s’accompagne, selon lui, d’un changement progressif du regard porté sur le métier. La photographie n’est plus considérée comme une activité exercée par défaut, mais comme une profession pouvant offrir de réelles perspectives économiques et sociales.
« Les parents comprennent désormais que la photographie est un métier noble, capable de faire vivre une famille. De plus en plus de jeunes choisissent cette profession avec conviction », observe-t-il.
Mais l’essor du secteur ne saurait, à ses yeux, se faire sans une véritable politique de formation. Serge Kobou estime que le métier de photographe ne s’improvise pas. La maîtrise de la lumière, du cadrage, de la composition, du matériel, du traitement de l’image et des nouvelles technologies exige des compétences spécifiques.
« La première étape est la formation. Ensuite viennent les stages de perfectionnement, puis la passion, qui demeure indispensable pour réussir dans ce métier », affirme-t-il.
Cette exigence de professionnalisation apparaît d’autant plus importante que le photographe intervient dans de nombreux moments de la vie sociale.
Mariages, anniversaires, conférences, colloques, cérémonies officielles ou événements douloureux : la photographie accompagne les grands moments de l’existence et contribue à préserver la mémoire individuelle et collective.
Pour le président du RAICI, le principal défi demeure toutefois la sortie de l’informel.
Une partie importante des photographes exerce encore sans véritable cadre juridique, sans protection sociale et avec une reconnaissance professionnelle insuffisante. Une situation qui fragilise les acteurs du secteur et limite leur capacité à faire valoir leurs droits.
« Beaucoup de photographes sont encore dans l’informel. Il faut les former, les structurer et leur donner un véritable statut professionnel », insiste Serge Kobou.
Le RAICI entend donc porter plusieurs chantiers, notamment la reconnaissance juridique du métier et la mise en place d’un dispositif d’assurance maladie au bénéfice des photographes.
L’objectif est de faire reconnaître le photographe comme un professionnel à part entière, qu’il exerce au sein d’une entreprise ou à son propre compte.
« Nous voulons que le photographe soit reconnu comme un professionnel à part entière. Il faut un véritable statut juridique », plaide-t-il.
La question des tarifs constitue également un enjeu majeur pour la profession.
Face à la multiplication des prestataires et à une concurrence parfois désordonnée, le RAICI souhaite réfléchir à l’élaboration de grilles tarifaires permettant de mieux encadrer les prestations et d’éviter leur dévalorisation.
Pour Serge Kobou, la photographie professionnelle ne peut être réduite au simple fait de prendre une image. Elle repose sur un ensemble de compétences, un investissement en matériel, une expérience et un savoir-faire qui doivent être correctement rémunérés.
Cette démarche vise également à lutter contre le « bradage » des prestations, considéré comme l’un des facteurs qui fragilisent l’économie du secteur.
L’explosion des smartphones dotés d’appareils photo toujours plus performants ne constitue pas, selon Serge Kobou, une menace pour les professionnels.
Si les téléphones ont démocratisé la prise de vue et permis à chacun de produire des images de bonne qualité, ils ne sauraient remplacer l’expertise d’un professionnel lorsqu’il s’agit de répondre aux exigences d’une entreprise, d’une institution ou d’un événement majeur.
« Une entreprise qui respecte son image fera toujours appel à un professionnel. Le téléphone ne remplace ni le savoir-faire, ni l’expérience, ni la qualité du rendu », soutient-il.
Pour lui, la différence se situe dans la maîtrise technique, la capacité d’adaptation, la créativité, la qualité du matériel et surtout le professionnalisme.
Au-delà des revendications institutionnelles, Serge Kobou appelle également les photographes ivoiriens à renforcer leur solidarité.
Le secteur compte de nombreuses associations et organisations professionnelles. Le président du RAICI estime qu’une meilleure coordination entre ces différentes structures permettrait de donner davantage de poids aux revendications et de mutualiser les compétences.
« Les photographes doivent cesser de se considérer comme des concurrents. Nous devons travailler ensemble, partager nos expériences et faire avancer notre métier », exhorte-t-il.
Cette volonté d’unir les acteurs autour d’une même organisation professionnelle traduit une ambition : construire un secteur mieux structuré, capable de dialoguer avec les pouvoirs publics et de défendre efficacement les intérêts de ses membres.
À travers son plaidoyer, Serge Kobou entend donc faire de la Journée mondiale de la photographie un véritable rendez-vous de réflexion sur l’avenir du secteur en Côte d’Ivoire.
Pour le président du RAICI, la professionnalisation passe par plusieurs leviers indissociables : la formation, la reconnaissance juridique, la protection sociale, une meilleure organisation du marché, la valorisation des compétences et la solidarité entre les professionnels.
Son ambition est de voir émerger une photographie ivoirienne plus forte, mieux organisée et capable de tirer pleinement profit des opportunités offertes par le numérique et l’économie de l’image.
Une conviction résume son message : « Un métier sans cadre est un talent sans avenir. »
À la veille de la célébration du 19 août, le plaidoyer est donc lancé : faire de la photographie non seulement un métier reconnu, mais aussi un secteur professionnel structuré, créateur d’emplois et pleinement intégré à l’économie culturelle et créative de la Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
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