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Côte d'Ivoire : Affaire Komé Bakary, à Djorobité 2, la chefferie rattrapée par une nouvelle controverse foncière
 

Côte d'Ivoire : Affaire Komé Bakary, à Djorobité 2, la chefferie rattrapée par une nouvelle controverse foncière

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 28 août 2026 - 11:57

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L’affaire foncière qui avait opposé dame Traoré Assetou à M. Komé Bakary et largement alimenté les débats sur les réseaux sociaux connaît un nouvel épisode à Djorobité 2. Cette fois, la contestation ne porte pas directement sur un litige entre deux acquéreurs. Elle vise la gestion de la chefferie du village et, plus particulièrement, le chef Minkan Assi Joseph.


Un collectif réunissant des sages, des jeunes, des femmes, des représentants de familles, des notables ainsi que des acteurs du développement local réclame son départ. Dans une déclaration rendue publique, ses membres affirment que le mandat du chef serait arrivé à expiration en janvier 2026 et demandent la mise en place d’une nouvelle direction de la chefferie.


Selon les éléments avancés par le collectif, Minkan Assi Joseph avait été nommé chef du village de Djorobité 2 par arrêté préfectoral n°002/PA/CAB du 18 janvier 2016, pour une durée de dix ans. Cette période étant, selon eux, arrivée à son terme, le chef ne devrait plus exercer ses fonctions. Le collectif souhaite donc que les dispositions prévues par les usages et coutumes du village soient mises en œuvre pour désigner son successeur.


Mais la question de la durée du mandat n’est qu’une partie du problème. Les contestataires formulent surtout de nombreux griefs concernant la gestion des affaires du village, notamment dans le domaine foncier.

Ils évoquent la délivrance présumée de plusieurs attestations d’attribution concernant une même parcelle. L’affaire ayant opposé Traoré Assetou à Komé Bakary est citée comme l’un des exemples de cette situation. Le collectif soutient toutefois que le problème ne se limiterait pas à ce seul dossier et que d’autres acquéreurs auraient également été confrontés à des situations similaires.


Ces accusations remettent en lumière les débats qui avaient accompagné l’affaire Komé Bakary et les réformes engagées pour renforcer la sécurisation du foncier urbain en Côte d’Ivoire.

À l’époque, Bruno Koné, alors ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, avait présenté l’Attestation de Droit d’Usage (ADU) comme l’un des outils destinés à mieux encadrer les transactions foncières. Revenant sur l’affaire Komé, il avait notamment estimé que cette réforme aurait pu empêcher certaines des difficultés apparues dans le lotissement de Gbessikoi de Djorobité.


L’ancien ministre avait également insisté sur la situation des personnes qui achètent une parcelle, paient leur argent et se retrouvent ensuite privées de leur bien. Pour lui, lorsqu’une transaction est mal effectuée, la responsabilité doit notamment être recherchée auprès de celui qui a encaissé l’argent.


 

À Djorobité 2, le collectif affirme aujourd’hui être confronté à des problèmes qui illustreraient précisément les risques que ces réformes cherchent à limiter. Il fait état de doubles, voire de triples attestations d’attribution qui auraient été délivrées pour certaines parcelles.

Plus grave encore, certaines attestations auraient, selon ses membres, porté sur des lots appartenant à des propriétaires terriens sans que ceux-ci en aient été informés.


Le collectif met également en cause la gestion de certains documents présentés comme faisant partie du « guide du village ». Il affirme que des pages de ce document auraient été remplacées ou modifiées. Il cite notamment un ensemble de 125 pages qui aurait été remis à Me Touré Amara, commissaire de justice intervenant dans la procédure judiciaire concernant la chefferie de Minkan Assi Joseph.

D’après les éléments communiqués par les contestataires, ces documents auraient ensuite été transmis aux services du 40e arrondissement de police.


Ces affirmations restent à vérifier. À ce stade, elles constituent des accusations formulées par le collectif et devront être examinées par les autorités compétentes avant que d’éventuelles responsabilités puissent être établies.


La gestion financière de la chefferie fait également partie des sujets soulevés. Les membres du collectif dénoncent des irrégularités qu’ils estiment avoir relevées dans la gestion des fonds liés notamment aux opérations de délivrance et de mutation des attestations d’attribution.

Ils demandent aussi des explications sur la gestion des taxes versées par la mairie de Cocody à la chefferie de Djorobité 2 au bénéfice de la communauté.


Autre point de tension : la manière dont certains dossiers importants auraient été conduits. Le collectif reproche au chef une gestion jugée trop solitaire de certaines affaires, notamment celles liées aux lotissements annexes. Pour ses membres, les décisions concernant le foncier auraient dû associer davantage les détenteurs des droits coutumiers, les représentants des familles et les différentes composantes du village.

C’est précisément cette absence de concertation que les contestataires disent vouloir corriger. Leur démarche se présente donc à la fois comme une contestation de la gestion actuelle de la chefferie et comme une demande de clarification sur plusieurs dossiers fonciers et financiers.


Le collectif réclame ainsi le retrait de l’arrêté ayant porté Minkan Assi Joseph à la tête du village et la désignation d’un nouveau chef. En attendant, il propose que la gestion des affaires courantes soit confiée au chef de terre, Nanan Agbè, conformément aux usages et coutumes de Djorobité 2.


Cette nouvelle contestation intervient dans un contexte où la question de la sécurisation des transactions foncières reste particulièrement sensible. Les conflits liés aux terrains peuvent rapidement dépasser le simple cadre administratif pour devenir des affaires judiciaires, opposer des familles et entraîner de lourdes pertes financières pour les acquéreurs.


L’affaire Komé Bakary avait déjà mis en évidence ces difficultés. Les nouvelles accusations formulées à Djorobité 2 donnent une résonance particulière aux interrogations qui avaient suivi cette affaire : comment empêcher qu’une même parcelle puisse faire l’objet de plusieurs revendications ? Comment garantir à l’acquéreur que le document qui lui est remis correspond réellement à un droit sécurisé ? Et surtout, comment identifier clairement les responsabilités lorsqu’un conflit éclate ?


 

C’est sur ce terrain que la réforme de l’Attestation de Droit d’Usage (ADU) prend tout son sens pour ses promoteurs. L’objectif affiché est notamment de renforcer la traçabilité des droits et de limiter les risques liés aux documents contradictoires.


Mais à Djorobité 2, avant toute conclusion, les accusations portées par le collectif devront être confrontées aux documents, aux témoignages des différentes parties et aux vérifications des autorités compétentes.

Car derrière cette nouvelle crise, il n’est pas seulement question de chefferie ou de procédures administratives. Il y a des acquéreurs qui disent avoir payé pour des terrains, des propriétaires qui revendiquent leurs droits et des familles qui souhaitent que la gestion du patrimoine foncier se fasse dans la transparence.


L’enjeu dépasse donc désormais le seul conflit autour de la succession à la tête de la chefferie. Il s’agit aussi de savoir si les mécanismes de sécurisation du foncier peuvent effectivement empêcher la répétition de situations comme celles dénoncées aujourd’hui à Djorobité 2.




Jean Chresus, Abidjan 


 
 
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