Côte d'Ivoire : Élections, Simone Gbagbo plaide pour une réforme de l'organe électoral
La réforme du système électoral ivoirien s’invite de nouveau au cœur du débat public. À Cocody Riviera, la question de l’indépendance de l’organe chargé d’organiser les scrutins a occupé une place centrale, mardi 15 septembre 2026, lors d’une rencontre initiée par l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH), avec le soutien du National Endowment for Democracy (NED).
Réunis autour du thème « Quelle architecture pour des élections crédibles et apaisées ? », plusieurs acteurs ont échangé sur les conditions nécessaires au renforcement de la confiance dans le processus électoral.
Invitée à cette rencontre, la Dr Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC, a présenté sa vision d’une réforme de l’organisation électorale. Elle propose notamment la création d’un organe véritablement indépendant, qui ne compterait dans ses rangs ni représentants des partis politiques ni représentants du gouvernement.
« Les partis politiques présentent des candidats. S’ils participent à l’organisation des élections, ils peuvent se retrouver dans une situation de juge et partie », a-t-elle expliqué.
Pour la responsable politique, les membres de cette structure devraient être choisis en fonction de leur intégrité, de leur neutralité et de leur indépendance, sans appartenance à une formation politique.
La réflexion proposée par Simone Gbagbo s’appuie également sur l’histoire politique récente du pays. Elle a évoqué le coup d’État de 1999, la rébellion ainsi que les différentes négociations ayant accompagné les efforts de sortie de crise et de réunification de la Côte d’Ivoire.
Selon elle, l’organisation des élections a progressivement évolué vers une configuration associant représentants du gouvernement, partis politiques et autres acteurs. Une architecture qu’elle estime nécessaire de réexaminer aujourd’hui.
La question de la liste électorale a également été abordée. L’intervenante a rappelé les dispositions prévoyant sa révision régulière, notamment pour la corriger, la compléter et, le cas échéant, permettre son audit avec la participation des représentants des partis politiques.
Autre proposition avancée : revoir la participation des préfets et sous-préfets à l’organisation directe des élections. Pour Simone Gbagbo, ces représentants de l’État devraient être écartés de cette mission afin de renforcer la neutralité du processus.
Cette proposition ne s’étend toutefois pas aux forces de sécurité. La police et la gendarmerie conserveraient leur rôle dans la sécurisation des campagnes et des opérations de vote.
Reste à déterminer comment seraient choisis les membres du futur organe. Sur ce point, la présidente du MGC estime que le président de la République pourrait procéder à des nominations, sans que les personnes désignées soient automatiquement considérées comme des représentants du pouvoir.
L’essentiel, selon elle, serait de garantir leur indépendance, avec des missions et des pouvoirs clairement définis par la loi. Elle envisage également la participation de plusieurs organisations professionnelles et institutions à la sélection de personnalités reconnues pour leur intégrité et leur neutralité.
À travers cette rencontre, l’OIDH entend contribuer à la réflexion sur l’avenir du système électoral ivoirien. Un débat qui remet au premier plan une question essentielle : comment bâtir un dispositif électoral suffisamment indépendant pour renforcer la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans les scrutins à venir ?
Jean Chresus
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