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Afrique-ONU : Election du SG, Lana Nusseibeh, la candidate émiratie milite pour des financements plus accessibles, des emplois pour la jeunesse
 

Afrique-ONU : Election du SG, Lana Nusseibeh, la candidate émiratie milite pour des financements plus accessibles, des emplois pour la jeunesse

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 28 octobre 2026 - 15:23


Candidate des Émirats arabes unis au poste de secrétaire général des Nations unies, Lana Nusseibeh défend une vision du développement axée sur les priorités nationales, la création d’emplois et la mobilisation de financements adaptés aux besoins des pays. Présentée lors d’un dialogue avec les États membres à New York, cette approche fait écho aux préoccupations de nombreux pays africains confrontés aux défis de l’endettement, du financement des infrastructures et de l’insertion professionnelle des jeunes.


Réorienter la coopération internationale vers des résultats concrets, faciliter l’accès aux financements et placer l’emploi des jeunes au centre des politiques de développement. Tels sont les principaux axes de la vision défendue par Lana Nusseibeh, candidate des Émirats arabes unis au poste de secrétaire général des Nations unies.


Lors d’un dialogue interactif organisé mardi 27 octobre au siège de l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York, la diplomate a présenté ses propositions aux États membres dans le cadre du processus de sélection du prochain chef de l’institution.


Sa vision intervient dans un contexte où de nombreux pays en développement, notamment en Afrique, cherchent à renforcer leurs capacités financières, à accélérer la transformation de leurs économies et à créer davantage de perspectives pour leur jeunesse. Dans le même temps, le poids du service de la dette réduit les marges de manœuvre budgétaires de plusieurs États, limitant parfois les ressources disponibles pour les infrastructures, l’éducation, la santé et l’emploi.


Pour Lana Nusseibeh, l’efficacité de la coopération au développement repose avant tout sur la capacité des partenaires internationaux à répondre aux besoins définis par les pays eux-mêmes.


Dans son document de vision, elle souligne que les États ne font pas face aux mêmes défis. Certains ont principalement besoin d’investissements, de technologies et de compétences pour accélérer leur croissance économique. D’autres doivent renforcer leurs institutions, améliorer leurs services publics et consolider leurs capacités administratives.


Cette diversité appelle, selon elle, une coopération plus adaptée aux réalités nationales, plutôt qu’une approche uniforme reposant sur des programmes fragmentés.

La diplomate préconise ainsi un meilleur alignement des interventions des agences des Nations unies sur les stratégies de développement définies par chaque pays. L’objectif est de renforcer la cohérence de l’action internationale et de privilégier les résultats mesurables plutôt que le seul volume des dépenses engagées.


Pour les pays africains, cette orientation présente un intérêt particulier. Elle rejoint les préoccupations liées à la souveraineté économique, à la diversification des économies et à la nécessité de mobiliser des partenariats capables de soutenir durablement les ambitions nationales.

Au-delà de l'aide financière, il s'agit de permettre aux États de mieux maîtriser leurs trajectoires de développement, de renforcer leurs capacités productives et de transformer les investissements reçus en améliorations concrètes des conditions de vie.


La création d'emplois occupe une place importante dans la vision défendue par Lana Nusseibeh. Pour la candidate émiratie, les Nations unies doivent être mieux préparées à accompagner les pays confrontés à l'arrivée massive de jeunes sur le marché du travail.

Cette question est particulièrement sensible en Afrique, où la croissance démographique accentue les besoins en matière de formation, d'insertion professionnelle et de création d'activités économiques.


L'enjeu dépasse la seule réduction du chômage. Il s'agit également de donner aux jeunes les moyens de participer à la transformation de leurs sociétés, de développer leurs compétences et d'accéder à des perspectives économiques durables.

Dans cette optique, les politiques de développement doivent davantage favoriser les investissements productifs et les initiatives susceptibles de générer des emplois pérennes.


La vision présentée par Lana Nusseibeh invite ainsi à rapprocher les objectifs de coopération internationale des besoins réels des économies et des populations. Elle met en avant une approche dans laquelle la réussite des programmes se mesure notamment à leur capacité à produire des effets tangibles sur l'emploi et les conditions de vie.


 

L'accès aux financements constitue un autre pilier de ses propositions. Lana Nusseibeh plaide pour un renforcement de la coopération entre les Nations unies, les banques de développement et le secteur privé, notamment afin d'améliorer les données utilisées pour évaluer les risques liés aux investissements.


L'objectif est de mieux apprécier les risques et d'éviter qu'une surestimation de ceux-ci ne contribue à renchérir excessivement le coût du capital pour certains pays en développement.


Cette question est déterminante pour les économies africaines, qui doivent financer des infrastructures essentielles, développer leur industrie et soutenir la transformation de leurs systèmes productifs. Lorsque les emprunts sont coûteux, les projets de développement deviennent plus difficiles à financer et les capacités d'investissement des États peuvent s'en trouver réduites.

La candidate émiratie appelle également à rechercher un consensus autour de solutions concrètes aux crises de la dette. Une meilleure coordination entre les acteurs concernés apparaît, dans cette perspective, nécessaire pour dégager des réponses adaptées aux difficultés rencontrées par les pays les plus exposés.


Parallèlement, elle préconise de renforcer les partenariats avec les fondations philanthropiques et les entreprises afin d'accroître les ressources consacrées aux initiatives ayant démontré leur efficacité.

Cette mobilisation élargie des financements vise à soutenir les projets capables de produire des résultats durables, tout en favorisant une participation accrue des investisseurs aux efforts de développement.

Pour les pays africains, l'enjeu consiste à attirer davantage de capitaux sans compromettre leur soutenabilité financière, tout en veillant à ce que les investissements contribuent réellement à la croissance, à l'emploi et à l'amélioration des services essentiels.


La candidature de Lana Nusseibeh s'appuie sur une expérience de plus d'une décennie au sein du système des Nations unies.

Elle a notamment occupé les fonctions de représentante permanente des Émirats arabes unis auprès de l'Organisation et exercé des responsabilités liées au Conseil de sécurité pendant la période où son pays y siégeait, en 2022 et 2023.


Ce parcours lui a permis de participer aux échanges diplomatiques sur les grandes questions internationales et de prendre part aux mécanismes de négociation entre les États membres.


Son expérience s'inscrit dans une trajectoire nationale marquée par la transformation économique des Émirats arabes unis, qui ont investi dans les infrastructures, l'éducation et les technologies, tout en développant leurs institutions et leurs partenariats internationaux.


Le pays a également renforcé son positionnement dans les secteurs du commerce, des affaires et des services.

Cette évolution nourrit les réflexions sur les moyens de transformer les investissements, les compétences et les partenariats internationaux en leviers de diversification économique.


Pour les pays africains, ces questions sont particulièrement pertinentes. Elles renvoient à des défis communs : renforcer les capacités nationales, améliorer l'environnement des investissements, développer les infrastructures et créer des perspectives pour les générations futures.

Toutefois, les trajectoires de développement diffèrent selon les pays. La transposition des expériences internationales suppose donc de tenir compte des contextes économiques, institutionnels et sociaux propres à chaque État.


Quelle place pour les priorités du Sud dans la gouvernance mondiale ?


La vision de Lana Nusseibeh s'inscrit dans un débat plus large sur l'évolution de la gouvernance internationale et la place accordée aux préoccupations des pays en développement.


Pour de nombreux États du Sud, les institutions multilatérales doivent davantage prendre en compte les difficultés liées à l'endettement, aux inégalités d'accès aux financements, au transfert de technologies et à la création d'emplois.


 

Dans ce contexte, une direction des Nations unies attentive aux liens entre développement, stabilité et paix pourrait contribuer à renforcer la cohérence des réponses internationales.


Le développement économique ne constitue pas seulement un objectif de croissance. Il participe également au renforcement de la résilience des sociétés, à la réduction des vulnérabilités et à la capacité des États à faire face aux crises économiques, humanitaires et aux déplacements de population.


La question est donc de savoir comment les Nations unies peuvent mieux accompagner les stratégies nationales, faciliter les partenariats et contribuer à la mobilisation de ressources adaptées aux besoins des populations.


Pour les pays africains, l'intérêt de ces propositions réside notamment dans leur capacité à favoriser des financements plus accessibles, des investissements productifs et des programmes de coopération davantage orientés vers les résultats.


En mettant l'accent sur les priorités nationales, l'emploi des jeunes, la dette et l'accès aux capitaux, Lana Nusseibeh propose une approche du développement qui cherche à rapprocher les engagements internationaux des besoins concrets des États.



Sa vision soulève néanmoins une question essentielle : dans quelle mesure ces orientations pourront-elles se traduire en mécanismes opérationnels, en financements supplémentaires et en résultats mesurables pour les populations ?


Pour les pays africains, l'évaluation de cette candidature peut ainsi s'appuyer sur des critères précis : la capacité à soutenir la création d'emplois, à faciliter l'accès aux financements, à accompagner la gestion de la dette et à renforcer la place des pays en développement dans les décisions internationales.


Au-delà des déclarations d'intention, la mise en œuvre de telles ambitions dépendra de la capacité à construire des consensus entre les États membres, à mobiliser les partenaires financiers et à renforcer la coordination des institutions internationales.

À l'heure où les besoins de financement du développement restent considérables, le débat autour de la succession à la tête des Nations unies offre une occasion de remettre au premier plan les attentes des pays en développement.


Pour l'Afrique, l'enjeu demeure celui d'une coopération internationale capable de soutenir les stratégies nationales, de renforcer les économies et d'offrir à la jeunesse des perspectives durables.


 
 
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