Côte d'Ivoire : À l'aéroport d'Abidjan, le micro monte au créneau contre la mendicité des agents
À l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan (Ph Koaci)
Dans les halls de l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny, les voyageurs vont bientôt entendre un message inhabituel entre deux annonces d'embarquement. Face à la multiplication des plaintes, les autorités ivoiriennes ont décidé de passer à l'offensive : des sanctions sont annoncées contre les pratiques de mendicité, et des avertissements seront diffusés au micro à l'attention de tous.
Les doléances s'accumulent en effet. Passagers fraîchement débarqués, voyageurs pressés, visiteurs étrangers : tous sont nombreux à raconter qu'on leur a réclamé de l'argent à tout bout de champ, parfois de la part même de ceux dont le métier est de les accueillir. Un « petit geste » par-ci, un « on compte sur vous » par-là, et l'étape censée être la plus banale du voyage tourne au parcours du combattant.
Qu'il faille en arriver à un communiqué sonore en dit long sur l'ampleur du phénomène. Un pays qui s'oblige à rappeler à haute voix, au beau milieu d'un terminal, que la sollicitation d'argent n'est pas permise reconnaît implicitement que le mal est installé. Et il y a de quoi être gêné : rares sont les aéroports du monde où une telle annonce a été entendue. Cela fait un drôle d'effet, pour une porte d'entrée qui se rêve vitrine.
Car c'est bien là que le bât blesse. Un aéroport, c'est la première poignée de main d'un pays. Avant les plages, la cuisine ou l'hospitalité légendaire des Ivoiriens, c'est un guichet, un tapis à bagages et un contrôle qui forgent l'impression d'ensemble. Quand cette première image est ternie par des mains tendues, c'est toute la réputation nationale qui encaisse le coup. Et il est d'autant plus triste de voir quelques comportements abîmer celle de la majorité qui travaille avec sérieux.
Reste à savoir si le micro suffira. Une annonce a le mérite de marquer les esprits, mais elle ne tiendra ses promesses que si les sanctions suivent, visibles et sans exception. L'espoir, lui, est simple : que chacun, agents compris, fasse preuve de davantage de professionnalisme. Car à Abidjan, comme ailleurs, la meilleure façon d'accueillir un voyageur reste de ne rien lui demander.
Jean Chresus, Abidjan
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