Côte d'Ivoire Santé
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : La médecine traditionnelle à l'épreuve de la science pour conquérir sa place, les acteurs veulent passer du savoir ancestral au médicament validé
 

Côte d'Ivoire : La médecine traditionnelle à l'épreuve de la science pour conquérir sa place, les acteurs veulent passer du savoir ancestral au médicament validé

 
 
 
 478 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 1 heure
 
 
 
 
 
© Koaci.com - mercredi 28 octobre 2026 - 15:13

À l’occasion de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée le mercredi 28 octobre 2026 à l’Institut national de santé publique (INSP), à Abidjan, les acteurs du secteur ont plaidé pour une meilleure valorisation des savoirs thérapeutiques ancestraux à travers la recherche scientifique, la professionnalisation des praticiens et le renforcement de la collaboration avec la médecine conventionnelle. Une ambition qui s’inscrit dans la perspective de la couverture sanitaire universelle en Afrique.


Faire de la médecine traditionnelle une composante mieux structurée, scientifiquement documentée et pleinement valorisée du système national de santé. C’est l’ambition réaffirmée à l’occasion de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, organisée le mercredi 28 octobre 2026 à l’Institut national de santé publique (INSP), à Abidjan, par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de promotion de la médecine traditionnelle (PNPMT).


Placée sous le thème « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement de la médecine traditionnelle en vue de la réalisation de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine », cette célébration a réuni des responsables institutionnels, des universitaires, des chercheurs, des professionnels de la santé et des praticiens de médecine traditionnelle autour des défis et des perspectives de développement de ce secteur.


Au cœur des échanges, une conviction commune : la médecine traditionnelle dispose d’un potentiel important pour contribuer à l’amélioration de l’accès aux soins, à condition de renforcer son encadrement, d’évaluer scientifiquement ses pratiques et de consolider les passerelles avec la médecine conventionnelle.


Prenant la parole au nom du Conseil national de l’Organisation nationale des associations de praticiens des médecines traditionnelles des districts sanitaires et de l’ensemble des praticiens de Côte d’Ivoire, son président, Mamadou Ouattara, a souligné la responsabilité collective des acteurs dans la valorisation de ce patrimoine thérapeutique.

Pour lui, le thème de cette édition constitue un appel à rapprocher les connaissances héritées des ancêtres des exigences de la recherche scientifique, dans l’intérêt des populations.


« Lier désormais l’héritage de nos ancêtres aux exigences de l’évidence scientifique pour le bien-être de nos populations » : telle est, en substance, l’orientation qu’il souhaite voir privilégiée par les acteurs du secteur.

Mamadou Ouattara a également rappelé la place importante qu’occupe la médecine traditionnelle dans les parcours de soins en Afrique subsaharienne. Évoquant une estimation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon laquelle une part importante de la population africaine y recourt en première intention, il a estimé que la couverture sanitaire universelle ne saurait être pleinement envisagée sans prendre en compte cette réalité.


Dans de nombreuses communautés, notamment dans les zones éloignées des structures sanitaires, les pratiques traditionnelles constituent un recours important pour répondre aux besoins de santé. Leur ancrage culturel et leur proximité avec les populations représentent, selon lui, des atouts à mieux exploiter.


Toutefois, le président de l’organisation des praticiens a insisté sur la nécessité d’un encadrement rigoureux et d’un partage réciproque des connaissances entre les détenteurs du savoir traditionnel et les chercheurs.


Saluant la présence des universitaires et des chercheurs à cette célébration, il a souligné leur rôle essentiel dans la transformation des préparations traditionnelles en produits thérapeutiques mieux évalués, sûrs et conformes aux exigences scientifiques.


Il a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance aux directeurs régionaux et départementaux de la santé pour leur contribution à l’encadrement des praticiens sur le terrain.


Dans le même élan, Mamadou Ouattara a appelé à intensifier la collaboration entre les médecines traditionnelle et conventionnelle. Il a également dénoncé les pratiques des individus qu’il considère comme des charlatans, estimant que leurs agissements portent atteinte à la crédibilité de l’ensemble de la corporation.


Pour lui, la reconnaissance durable de la médecine traditionnelle passe nécessairement par le respect des règles professionnelles, l’amélioration des pratiques et une collaboration constructive avec les autres composantes du système de santé.


Dans son intervention, le directeur coordonnateur du Programme national de promotion de la médecine traditionnelle, le Dr Croat Ehoulé, a réaffirmé l’engagement du programme en faveur de la reconnaissance, de l’encadrement et de la valorisation de la médecine traditionnelle en Côte d’Ivoire.


Il a adressé ses remerciements au ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, ainsi qu’à l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), aux institutions de recherche, aux partenaires et aux praticiens, qu’il a présentés comme les dépositaires d’un patrimoine thérapeutique ancestral.


 

Le responsable du PNPMT a rappelé que la médecine traditionnelle occupe une place importante dans les pratiques de santé de nombreuses communautés. Son accessibilité géographique, son ancrage socioculturel et la diversité des ressources de la pharmacopée traditionnelle constituent, à ses yeux, des atouts à valoriser davantage.

Il a notamment évoqué son intérêt potentiel dans plusieurs domaines, dont la santé de la mère et de l’enfant, la santé mentale et certaines maladies infectieuses, tout en soulignant la nécessité d'évaluer rigoureusement les pratiques et les produits concernés.


Pour le Dr Croat Ehoulé, l'enjeu est désormais de faire évoluer progressivement la médecine traditionnelle vers un secteur mieux organisé, reposant sur des données probantes et capable de contribuer, en complémentarité avec la médecine conventionnelle, à l'amélioration de la santé des populations.


À cette fin, il a proposé de renforcer les initiatives visant à développer des unités de soins mixtes, sur le modèle d'expériences menées dans des pays comme le Ghana et le Nigeria. Il a également plaidé pour la relance des expériences déjà entreprises en Côte d'Ivoire, afin de favoriser une meilleure articulation entre les différentes approches thérapeutiques.


Des acquis réglementaires à consolider


Abordant les avancées enregistrées en Côte d'Ivoire, le directeur coordonnateur du PNPMT a évoqué les efforts entrepris pour structurer et réglementer la pratique de la médecine traditionnelle.


Il a notamment fait référence au cadre juridique encadrant le secteur, aux dispositions éthiques applicables aux praticiens et à la publication de volumes de pharmacopée traditionnelle. Il a également cité les initiatives de production et d'homologation de produits issus de cette pharmacopée.


Selon les chiffres avancés lors de son intervention, une vingtaine d'unités de production auraient été autorisées ou enregistrées auprès de l'autorité compétente en matière de régulation pharmaceutique, tandis que 14 produits auraient obtenu une homologation.


Ces acquis témoignent des efforts engagés pour améliorer la qualité des produits et renforcer leur conformité aux exigences réglementaires. Ils mettent également en évidence l'importance de poursuivre les investissements dans la recherche, la normalisation et l'évaluation scientifique.


Le Dr Croat Ehoulé a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de disposer de résultats de recherche ayant un impact concret sur la santé des populations. À cet égard, il a souligné l'intérêt de développer des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle dont l'efficacité, la sécurité et la qualité auront été rigoureusement évaluées.

Le responsable du programme a également mis en avant l'intérêt d'une base de données nationale permettant de cartographier les praticiens de médecine traditionnelle et de mieux organiser leur encadrement. Il a évoqué un effectif de plus de 18 000 praticiens, tout en saluant les efforts d'organisation et de collaboration engagés sur le terrain.


Pour structurer davantage la médecine traditionnelle ivoirienne, le directeur coordonnateur du PNPMT a défini trois axes prioritaires : la recherche et le développement, la normalisation et la professionnalisation, puis l'intégration progressive et encadrée dans le système national de santé.


La première priorité concerne la recherche et le développement. Le Dr Croat Ehoulé a salué la contribution des universités et des enseignants-chercheurs, notamment ceux des universités Jean Lorougnon Guédé, Félix Houphouët-Boigny et Alassane Ouattara, à la formation et au développement de filières liées aux sciences biologiques, à la botanique et à la phytothérapie.


Il a toutefois identifié un défi majeur : la construction et l'équipement de l'Institut national de recherche en médecine traditionnelle. La mise en place d'une telle infrastructure permettrait de renforcer les capacités nationales d'investigation scientifique et de favoriser la transformation des connaissances traditionnelles en solutions thérapeutiques évaluées.

Le responsable a également appelé à consolider les partenariats entre les praticiens, les universités, les centres de recherche et les professionnels de la médecine conventionnelle.


La deuxième priorité porte sur la normalisation et la professionnalisation.

Cet axe vise à renforcer les compétences des praticiens, à améliorer la qualité des produits thérapeutiques et à mettre en place des outils de traçabilité plus performants.


Le PNPMT entend également avancer sur la codification et la nomenclature des actes pratiqués, afin de disposer de références plus précises pour encadrer les prestations et, à terme, faciliter leur éventuelle prise en compte par les organismes d'assurance, selon les modalités qui seront retenues.

L'objectif est de mieux définir les pratiques, d'harmoniser les méthodes de travail et de renforcer la confiance des populations comme des professionnels de santé envers les prestations proposées.


 

La troisième priorité concerne l'intégration progressive de la médecine traditionnelle dans le système national de santé.

Pour le Dr Croat Ehoulé, cette intégration doit s'appuyer sur une collaboration étroite avec les professionnels de la médecine conventionnelle, des mécanismes adaptés d'orientation des patients et une évaluation rigoureuse des prestations.


Le développement d'unités de soins mixtes apparaît, dans cette perspective, comme une piste à explorer pour rapprocher les différentes approches thérapeutiques, tout en garantissant la sécurité des patients.


Cette démarche suppose néanmoins un cadre clairement défini, des compétences adaptées et une évaluation scientifique permettant de distinguer les pratiques présentant un intérêt sanitaire de celles qui ne répondent pas aux exigences de sécurité et d'efficacité.


Au-delà des annonces et des perspectives évoquées, les deux intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les détenteurs des savoirs traditionnels et les acteurs de la recherche scientifique.


Pour Mamadou Ouattara, la mobilisation des universitaires et des chercheurs constitue une étape essentielle pour valoriser le patrimoine thérapeutique ivoirien et améliorer la crédibilité des praticiens.


De son côté, le Dr Croat Ehoulé a rappelé que la médecine traditionnelle ne doit pas être considérée comme une opposition à la médecine moderne, mais comme un domaine de connaissances dont le potentiel mérite d'être étudié, évalué et valorisé dans l'intérêt général.


Cette convergence de vues met en lumière un enjeu central : concilier la préservation des savoirs ancestraux avec les exigences contemporaines de qualité, de sécurité et d'efficacité des soins.


Dans cette perspective, la recherche scientifique, la formation des praticiens, l'amélioration du cadre réglementaire et le développement de mécanismes de collaboration avec la médecine conventionnelle apparaissent comme des leviers déterminants.


La 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle aura ainsi permis de réaffirmer une ambition commune : faire du patrimoine thérapeutique africain une source d'innovation et de progrès scientifique, tout en veillant à ce que les solutions développées répondent réellement aux besoins sanitaires des populations.


Pour les acteurs réunis à l'INSP, le défi consiste désormais à transformer les engagements en actions concrètes et durables, afin que la médecine traditionnelle puisse contribuer, dans un cadre sécurisé et scientifiquement encadré, à l'objectif de couverture sanitaire universelle en Côte d'Ivoire et dans la région africaine.



Wassimagnon


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : An 1 de la réélection de Ouattara, des avancées significatives dans la marche du pays ?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : Projet de téléphérique à Abidjan, enfin une bonne nouvelle ?
 
3271
Oui
70%  
 
1317
Non
28%  
 
114
Sans avis
2%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : La médecine traditionnelle à l'épreuve de la science pour conquérir sa place, les acteurs veulent passer du savoir ancestral au médicament validé
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter