Côte d'Ivoire : Prévention des crises, après Dabou, le CNCMR déploie son dispositif d'alerte à Jacqueville
Le Centre national de coordination du Mécanisme de réponse à l’alerte précoce (CNCMR) poursuit son déploiement dans la région des Grands-Ponts. Après Dabou, Jacqueville accueille, depuis le jeudi 29 octobre 2026, une formation destinée à renforcer la détection des risques et la coordination des réponses. En ligne de mire : anticiper les menaces pour mieux protéger les populations.
À Jacqueville, la prévention des crises prend une nouvelle dimension. Réunis au Palm Sud Hôtel pour 2 jours de formation, 26 acteurs issus des autorités préfectorales, communales et de leurs services sont initiés au fonctionnement du Mécanisme national d’alerte précoce et de réponse (MAP).
À l’ouverture des travaux, le docteur Yoman Ekanza Gabriel, directeur du CNCMR, a présenté les missions de sa structure et les enjeux de ce dispositif national. Selon lui, l’expérience du terrain a révélé des insuffisances dans la coordination des actions face aux menaces pesant sur la sécurité humaine.
« Le CNCMR a constaté l’absence d’un dispositif national unique capable de centraliser la gestion des menaces et des risques liés à la sécurité humaine », a-t-il expliqué, évoquant des interventions parfois fragmentées entre plusieurs plateformes sectorielles.
Pour remédier à cette situation, le MAP entend fédérer les acteurs autour d’un système commun de collecte et de transmission des informations. « Son objectif est de coordonner et de fédérer l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la gestion des risques et des menaces susceptibles de compromettre la sécurité et le bien-être des populations », a précisé le directeur.
Prenant le relais, le docteur Dosso Youssouf, expert santé au CNCMR, a présenté les modalités de déploiement du mécanisme et les conditions de son appropriation par les acteurs locaux.
Les participants sont notamment formés aux notions de sécurité humaine, à l’identification des indicateurs de risque et à l’utilisation du Système d’information et de gestion des alertes et des réponses (SIGAR). Cet outil informatique doit faciliter la collecte, la transmission et l’analyse des alertes, avant le traitement des informations et la mise en œuvre des réponses appropriées.
Des exercices pratiques sont également prévus afin de permettre aux participants de maîtriser les procédures et d’assurer l’animation du dispositif dans le département.
Procédant à l’ouverture officielle de l’atelier, le préfet hors grade de Jacqueville, Lago Digbeu Mathieu, a salué la mobilisation des participants. Il a surtout insisté sur la nécessité d’adapter le dispositif aux réalités locales.
Malgré son potentiel économique et touristique, le département fait face à plusieurs vulnérabilités. La pression sur les terres, alimentée par l’arrivée de nouvelles populations et l’intérêt des investisseurs, expose notamment le territoire aux risques de spéculation foncière et d’accaparement des terres. À cela s’ajoutent l’érosion côtière et les effets du changement climatique.
« Le déploiement du MAP sur l’ensemble du territoire national vise à combler le déficit de coordination dans la remontée des alertes et la mise en œuvre des réponses appropriées », a souligné le préfet.
Pour lui, l’efficacité du mécanisme dépendra de la capacité des services concernés à partager rapidement les informations et à agir de manière concertée.
Au terme de la formation, du matériel informatique dédié sera installé à la préfecture de Jacqueville, dans les sous-préfectures de Jacqueville et d’Attoutou, ainsi qu’à la mairie de Jacqueville.
« La réussite de ce mécanisme repose avant tout sur une forte appropriation locale », a rappelé Lago Digbeu Mathieu, estimant que ces équipements contribueront à accélérer la circulation des alertes et à améliorer les réponses apportées aux risques identifiés.
Après Dabou, cette étape marque une nouvelle avancée dans l’extension du MAP au sein de la région des Grands-Ponts. Mais au-delà des outils et des formations, le véritable enjeu reste la capacité des acteurs locaux à transformer chaque signal de danger en action concrète. Car, en matière de prévention, une alerte transmise à temps peut faire toute la différence.
Jean Chresus, Abidjan
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