Cameroun : Au moins 14 morts dont des enfants dans un nouveau massacre ethnique au Nord-ouest
Le Cameroun parviendra-t-il à s'extirper de la violence qui ravage une partie de son territoire ? Les affrontements continuent toujours dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest majoritairement anglophones. Un nouveau massacre est attribué aux séparatistes armés qualifiés de terroristes par le gouvernement.
Dans la nuit de mardi à mercredi, aux environs de 5 heures du matin (4h TU), plusieurs villages de la localité de Ntumbaw, situés dans l'arrondissement de Ndu (département du Donga-Mantung), région du Nord-ouest, a été le théâtre d'attaques meurtrières visant la communauté bororo, rapportent à Koaci des sources communautaires concordantes qui ont fortement requis l'anonymat.
Selon ces sources, des hommes armés identifiés comme des combattants séparatistes ambazoniens ont pris d'assaut plusieurs habitations, causant la mort d'au moins quatorze personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des hommes.
Ces témoins oculaires précisent que les assaillants ont agi avec une extrême brutalité. « Des habitants du village ont été abattus dans leurs maisons, tandis que plusieurs logements ont été incendiés, plongeant la population dans la terreur. Les attaques se sont étendues à plusieurs hameaux de la zone de Ntumbaw, semant la panique et provoquant la fuite de nombreux résidents vers la brousse », affirme une source.
Représailles
Ces violences seraient motivées par des représailles. Les séparatistes accusent la communauté bororo d'entretenir des liens avec les forces de défense camerounaises, notamment d'avoir transmis des informations ayant permis une récente opération militaire qui aurait entraîné la mort d'une dizaine de combattants ambazoniens quelques jours auparavant. En retour, les agresseurs auraient ciblé des civils perçus comme complices, dans une vengeance aveugle qui a frappé des innocents.
Les survivants décrivent des scènes insoutenables : des familles décimées, des enfants tués alors qu'ils dormaient, des femmes abattues en tentant de s'échapper, et des maisons réduites en cendres. Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent des corps sans vie et des habitants en détresse appelant à l'aide, tandis que des dizaines de personnes errent sans abri ni protection.
L'insécurité persistante et l'état dégradé des routes rendent certaines zones difficiles d'accès, retardant l'arrivée des secours et compliquant l'évaluation exacte des pertes humaines.
Ce nouveau massacre des Bororos rappelle que le conflit armé qui secoue les régions anglophones depuis fin octobre 2016 perdure. Régulièrement accusées de collusion avec l'un ou l'autre camp, ces populations nomades, peu protégées, subissent de plein fouet les conséquences de cette guerre prolongée.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
