Côte d'Ivoire : Yakassé-Attobrou, Bruno Koné à l'écoute des producteurs face aux blocages du cacao
Bruno Koné à Yakassé Attobrou (Ph Koaci)
Quelques semaines après sa nomination au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné a choisi de quitter les bureaux pour le terrain. Ce mercredi 18 février 2026, il s’est rendu à Yakassé-Attobrou afin d’échanger directement avec les planteurs et les dirigeants de coopératives agricoles, dans une volonté affichée de bâtir ses premières orientations à partir des réalités vécues par les acteurs du secteur.
Devant les producteurs réunis, le ministre a rappelé que l’agriculture demeure l’un des socles de l’économie ivoirienne, à la fois source d’emplois, de revenus et de stabilité sociale. Selon lui, aucune réforme ne peut réussir sans un dialogue permanent avec ceux qui cultivent la terre. Il a ainsi insisté sur la nécessité de moderniser les méthodes de production, d’alléger la pénibilité du travail et d’améliorer durablement les rendements afin de renforcer la compétitivité des filières.
La rencontre a surtout été marquée par les préoccupations exprimées par la Société Coopérative Agricole de Yakassé-Attobrou (COOP-CO CAYAT). Sa directrice générale, Traoré Awa, a dressé un tableau précis de la situation. Forte de plus de 3 300 producteurs répartis en 65 groupements, la coopérative exploite plus de 12 500 hectares et produit près de 8 500 tonnes par an, avec une traçabilité complète et une certification Rainforest Alliance sur une partie des plantations. Mais depuis la fin du mois de décembre, près de 2 000 tonnes de cacao restent stockées sans acheteur, créant un cercle d’endettement et de fragilisation sociale pour les planteurs.
Les responsables attribuent cette situation notamment aux contraintes liées au système de contrepartie à l’exportation qui complique l’accès direct aux marchés internationaux. Pour y faire face, ils sollicitent l’appui de l’État afin d’instaurer des mécanismes de garantie facilitant la commercialisation et envisagent la création d’une unité locale de transformation d’une capacité de 3 000 tonnes par an pour mieux valoriser leur production.
Prenant note de ces doléances, le ministre a assuré que toutes les propositions seront étudiées avec attention. Il a affirmé que les décisions futures devront préserver l’équilibre économique de la filière tout en protégeant les revenus et les conditions de vie des producteurs, qu’il a qualifiés de « piliers discrets de l’économie nationale ».
Au-delà des difficultés économiques, la visite a également permis de mettre en avant les initiatives sociales de la coopérative : construction d’écoles, appui scolaire, formation de femmes et de jeunes, mise en place de pépinières et promotion d’activités génératrices de revenus. La journée s’est achevée dans une plantation de cacao où le ministre a échangé sans protocole avec les planteurs, constatant directement les contraintes quotidiennes du métier et la nécessité d’apporter des réponses concrètes au plus près du terrain.
Jean Chresus, Abidjan
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