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Cameroun : Divine 11 ans, violée, tuée et oubliée par les autorités
 

Cameroun : Divine 11 ans, violée, tuée et oubliée par les autorités

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 28 mars 2026 - 13:32


Elle s'appelait Divine Mbarga Atangana. Elle avait 11 ans, des cahiers sous le bras et la confiance innocente d'une enfant qui croit que le monde des adultes la protège. Le 19 mars 2026, cette fillette a été violée et assassinée dans une maison du quartier Nkoabang, en périphérie de Yaoundé. Son crime : être venue réviser ses leçons chez un camarade de classe.


Derrière ce drame d'une violence insoutenable se dessine une vérité qui dérange : la société camerounaise- voisins, institutions, autorités - a failli à son devoir de protection envers cette enfant. À chaque étape de ce calvaire, quelqu'un aurait pu intervenir. Personne ne l'a fait.


Soirée d'étude transformée en enfer


Selon les premières informations, tout commence par un geste banal. Divine se rend au domicile d'un camarade pour réviser. Elle fait confiance — c'est la maison d'un ami, sous le toit d'un adulte, un père de famille en apparence ordinaire.


Cet homme s'appelle Eric Moadambe, technicien en bâtiment, père de trois enfants, originaire d'Akonolinga dans la région du Centre. Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est lui qui a transformé cette soirée d'étude en un calvaire de plusieurs heures. Plus glaçant encore : il aurait utilisé son propre fils de 11 ans -le camarade de Divine -comme guetteur, pour surveiller les lieux pendant qu'il commettait l'irréparable. Selon le témoignage de cet enfant lui-même, Divine a crié pendant l'acte, en vain.


Entre 23 heures et 3 heures du matin, les cris de la fillette ont déchiré la nuit du quartier. « Laissez-moi, ça fait mal ! », ont entendu des voisins. Quatre heures de supplice. Quatre heures durant lesquelles aucune porte ne s'est ouverte, aucune main ne s'est levée.


Le lendemain matin, le corps sans vie de Divine est découvert. Le diagnostic préliminaire est atroce : des sévices physiques d'une violence extrême, ayant entraîné une fracture de la nuque. Les chefs d'accusation retenus contre Eric Moadambe sont le viol suivi d'assassinat.


Après le meurtre, l'homme aurait tenté de recruter des passants pour déplacer le corps, prétextant un simple « malaise ». Une tentative de dissimulation qui s'est heurtée au refus de témoins horrifiés par l'état de la fillette.


 

Silence complice d'un voisinage


Comment une enfant a-t-elle pu hurler sa douleur pendant quatre heures sans qu'une seule âme ne vienne à son secours ?


Cette question, aussi simple que bouleversante, pointe vers une réalité que ce drame oblige à nommer : la complicité passive d'un voisinage qui a choisi l'indifférence. Les cris ont été entendus. Les témoins l'admettent eux-mêmes, dans plusieurs Voice en circulation sur les réseaux sociaux. Pourtant, personne n'a appelé la police, frappé à la porte, ou simplement crié dans la nuit pour interrompre le bourreau.


Ce drame n'est pas seulement le fait d'un prédateur. C'est aussi l'échec d'une communauté. Une communauté qui, par lâcheté, par peur, ou par une indifférence devenue habitude, a laissé mourir une enfant de 11 ans dans l'obscurité.



Silence scandaleux des autorités


Si le silence des voisins est moralement révoltant, celui des autorités est institutionnellement inacceptable.


À ce jour, aucune communication officielle n'a été émise par le Ministère de la Famille, ni par le Ministère des Affaires Sociales (MINAS). Les services du préfet du Mfoundi restent également muets. Pas un mot de condoléances. Pas une déclaration publique. Pas une annonce de mesures d'urgence pour protéger les enfants.


Ce silence des institutions n'est pas anodin. Il envoie un message dévastateur : la vie de cette fillette ne mérite pas de réponse officielle. Il dit aux agresseurs potentiels que leurs actes ne provoqueront pas de mobilisation de l'État. Il dit aux familles que leurs enfants sont seuls face aux prédateurs.


 

On notera par ailleurs que des enfants témoins de ce drame s'expriment librement sur des panels de blogueurs, sans aucun encadrement psychologique ni protection institutionnelle. Ces mineurs, traumatisés, exposés médiatiquement sans filet de sécurité, auraient dû être immédiatement pris en charge par les services sociaux compétents. Leur silence médiatique aurait dû être protégé pendant que leur parole était recueillie dans un cadre légal et bienveillant. Il n'en est rien.


La mère de Divine, interviewée par la page Griote, réclame justice et vérité. Sa voix brisée porte le poids d'un deuil que rien ne pourra jamais apaiser.


Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JusticePourDivine devenu viral, est le cri de ralliement de milliers de Camerounais. Des artistes comme Kareyce Fotso et Lady Ponce, la députée Nourane et bien d’autres ont pris la parole pour exiger une peine exemplaire. La société civile, elle, s'indigne et interpelle.


Eric Moadambe est actuellement entre les mains de la justice, au commissariat du 20ème arrondissement de Yaoundé. Mais l'arrestation du suspect ne suffit pas. Justice pour Divine ne peut se limiter à un seul verdict, aussi sévère soit-il.


Le meurtre de Divine n'est pas un fait divers isolé. Il s'inscrit dans une montée alarmante des violences sexuelles sur enfants au Cameroun, dont plusieurs se soldent par des meurtres. Cette tendance appelle une réponse urgente, que les autorités semblent incapables ou peu désireuses de formuler.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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