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Côte d'Ivoire : Bouaké, Amadou Koné impose le « casque obligatoire ou fourrière » après les tentatives de Tuo Fozié et Apalo Touré
 

Côte d'Ivoire : Bouaké, Amadou Koné impose le « casque obligatoire ou fourrière » après les tentatives de Tuo Fozié et Apalo Touré

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 06 septembre 2026 - 15:39

Amadou Koné et le DG de la police à Bouaké (ph KOACI) 



Sept ans de traque, deux mises en garde restées sans lendemain et désormais une sentence sans appel. À Bouaké, la lutte contre l'incivisme des engins à deux et trois roues change de dimension. Tout a commencé un mardi 09 juillet 2019. Alors qu'il venait d'achever une conférence de presse à la préfecture sur l'indiscipline routière, le préfet de région de Gbêkê, Tuo Fozié, décide d'emmener les journalistes sur le terrain pour constater la phase répressive. À peine installé au carrefour du feu tricolore de la Cité Olympique sur le boulevard de la Reine Abla Pokou avec tout le haut commandement militaire, il assiste en direct à un flagrant délit.


Un chauffeur de Massa immatriculé 151ES01, en provenance de la gare et à destination de Mankono, grille le feu rouge sous ses yeux. L'autorité ne laisse pas passer. Tuo Fozié se lance lui-même à la poursuite du véhicule et le rattrape deux kilomètres plus loin, devant le campus 1 de l'Université Alassane Ouattara (UAO). Les pièces du véhicule sont saisies et remises à la police, le chauffeur, balbutiant, plaidant pour pouvoir déposer ses passagers laissés sur le bas-côté. Une action coup de poing qui avait marqué les esprits mais dont les effets se sont estompés au fil des semaines.


Deux ans plus tard, le 12 avril 2021, c'est le Général Apalo Touré, commandant supérieur de la gendarmerie nationale, qui monte au front. Dans la salle archicomble de la préfecture, face aux syndicats et associations de transporteurs, il dresse un constat implacable sur une ville devenue tristement célèbre pour son incivisme légendaire et ses accidents mortels impliquant motos-taxis, motos personnelles et tricycles. 


 

L'ultimatum tombe, sec : deux semaines pour s'équiper et porter un casque, faute de quoi la sanction sera systématique. « Si vous avez des centaines de milliers de francs pour l'achat d'une moto, ce n'est pas un casque de 5000 fcfa que vous ne pouvez pas payer », lance-t-il, annonçant un quadrillage de toutes les rues de Bouaké par gendarmes et policiers. Les habitants applaudissent, tout en redoutant que cette opération ne connaisse le même relâchement que celle du préfet Tuo Fozié. Le Général prévient d'ailleurs que la répression du non-port de casque ne sera que la première étape avant le contrôle généralisé des documents.


Aujourd'hui, l'histoire bégaie mais avec une fermeté inédite. Depuis le début du mois de septembre 2026, la Mairie de Bouaké a décidé de s'attaquer à une autre plaie, les rodéos sauvages du jeudi soir. Chaque fin de semaine, de jeunes mariés, mécaniciens et chauffeurs transforment les artères de la cité en circuits improvisés, sans casque, à contresens et à vive allure, au nom d'une tradition festive qui vire trop souvent au drame. Sur instructions du maire Amadou Koné, par ailleurs Ministre des Transports et des Affaires Maritimes, les unités spéciales de la mairie ont multiplié les opérations.


Le jeudi 03 septembre 2026, plus d'une trentaine d'engins ont été saisis en une seule journée, dont 37 pour non-respect des feux tricolores l'après-midi et plusieurs dizaines d'autres lors des cortèges nocturnes entre 21 heures et minuit, offrant aux riverains un calme inhabituel. Une action qui s'inscrit dans la vision du maire de faire de Bouaké une cité propre, dynamique et attractive, deuxième pôle économique du pays, et dans la continuité des réformes nationales qu'il porte, contrôles techniques, lutte contre la surcharge, permis modernisé et répression de l'alcool au volant.


Et cette fois, Amadou Koné ne compte pas s'arrêter aux opérations ponctuelles. Il vient de frapper un grand coup. À compter de ce lundi 07 septembre 2026, il décrète l'Opération Zéro Tolérance sur l'ensemble du territoire communal. Tout conducteur de deux ou trois roues circulant sans casque sera immédiatement interpellé et sa moto mise en fourrière, sans exception ni pardon. 


 

Le slogan est clair, « Le casque n'est pas une option, c'est la vie ! » Pour sceller cette détermination, le premier magistrat s'est entretenu ce dimanche 06 septembre à Bouaké avec le Directeur Général de la Police, le Général Youssouf Kouyaté. La question demeure de savoir si Amadou Koné parviendra à ancrer durablement l'ordre là où les offensives de Tuo Fozié et d'Apalo Touré s'étaient essoufflées avec le temps. 


À Bouaké, la page de la tolérance est tournée, la sécurité des populations ne sera plus sacrifiée sur l'autel des réjouissances.


T.K.Emile


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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