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Cameroun : Eto'o-Infantino, soutien affiché, tempête médiatique — coïncidence ou représailles ?
 

Cameroun : Eto'o-Infantino, soutien affiché, tempête médiatique — coïncidence ou représailles ?

 
 
 
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 Il y a 3 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - vendredi 11 septembre 2026 - 07:10


Il aura suffi de quelques phrases sur le plateau de France 24 pour rallumer une polémique qui dépasse largement le football. En affirmant qu'il voterait pour Gianni Infantino à la présidence de la FIFA et qu'il militerait pour que les 54 fédérations africaines fassent de même, Samuel Eto'o a déclenché une réaction en chaîne dans la presse sportive européenne — une réaction dont le timing interroge autant que le contenu.


Déclaration, puis une salve


En l'espace de quelques heures, plusieurs titres de référence - L'Équipe, The Sun, Marca, Mundo Deportivo - ont publié des articles relançant une affaire ancienne : un virement d'environ 500 000 euros, lié à la Russie, qui aurait transité vers un compte détenu par Eto'o au Qatar dans le cadre d'un match amical. Des formulations proches, un vocabulaire similaire -« aurait », « visé », « accusé » - et surtout, aucune décision de justice ni condamnation à l'appui.


C'est précisément cette simultanéité qui nourrit, chez les soutiens d'Eto'o et des millions africains, l'hypothèse d'une opération concertée plutôt que d'un hasard journalistique. Pour eux, le message est clair : un dirigeant africain qui assume une position politique forte s'expose immédiatement à une remise en cause de sa légitimité, quand d'autres dirigeants, sur des dossiers comparables, n'auraient pas subi le même traitement.


Réaction d'Eto'o


Dans sa réponse, l'ancien capitaine des Lions indomptables n'a pas mâché ses mots, dénonçant des « mêmes attaques » et des « mêmes éléments de langage » relayés « presque simultanément » par des journalistes qu'il juge acquis à une cause commune. Il revendique le droit, pour un dirigeant africain, de s'exprimer librement sur l'avenir de son sport sans que cela ne déclenche automatiquement une mise en accusation médiatique.


 

Son argument de fond sur le plan sportif : Infantino est le président de la FIFA ayant le plus fait pour le développement du football africain, notamment en matière de financement et de places qualificatives en Coupe du Monde. Soutenir sa réélection relèverait donc, selon Eto'o, d'un choix stratégique pour le continent — pas d'une allégeance personnelle.


Ce que dit l'arithmétique du vote


Sur le plan électoral, la règle « un pays, une voix » change la donne. Le retrait de soutien de fédérations comme la France, l'Italie ou l'Allemagne pèse lourd médiatiquement, mais ne représente que trois (3) voix sur 211 au moment du décompte. Tant qu'aucun candidat rival ne se déclare avant la date limite de dépôt des candidatures, Infantino reste en position de force -et le scrutin à bulletin secret laisse historiquement place à des écarts entre postures publiques et votes réels.


L’Afrique ne se laisse plus dicter sa lecture des faits


Mais les Africains ne sont plus dupes. Dans un monde où les rapports de force se redessinent - diplomatiquement, économiquement, culturellement - une partie croissante de l'opinion sur le continent refuse désormais d'accepter sans discussion le récit que lui propose une presse occidentale qu'elle juge trop souvent condescendante. Ce n'est plus une jeunesse qui écoute en silence : c'est une génération connectée, informée, qui compare les traitements médiatiques d'un dossier à l'autre et qui pose une question simple — pourquoi la parole d'un dirigeant africain, dès qu'elle sort du cadre attendu, déclenche-t-elle une mobilisation médiatique que d'autres prises de position, ailleurs, n'obtiennent jamais avec la même intensité ?


Ce scepticisme ne relève pas du réflexe victimaire, disent ses défenseurs : il s'appuie sur une mémoire longue, celle de décennies où les grandes voix africaines - sportives, politiques, culturelles -ont dû composer avec un regard extérieur qui se posait en arbitre de leur légitimité. Aujourd'hui, l'existence de médias panafricains, de réseaux sociaux et de relais d'opinion locaux permet à ce scepticisme de s'exprimer publiquement et de circuler, sans attendre la validation d'une rédaction parisienne, londonienne ou madrilène. Le cas Eto'o, pour beaucoup, illustre moins une affaire individuelle qu'un test grandeur nature : l'Afrique du football, comme celle de la diplomatie ou de l'économie, entend désormais peser sur son propre récit plutôt que de le recevoir tout fait.


Ce qui reste à établir


 

Il faut le rappeler clairement : les accusations financières visant Eto'o n'ont, à ce stade, fait l'objet d'aucune preuve rendue publique ni d'aucune décision de la commission d'éthique de la FIFA. Les médias concernés, de leur côté, revendiquent un travail d'investigation classique sur un dossier antérieur à la déclaration de soutien, et rejettent toute idée de campagne orchestrée. Entre ces deux lectures - enquête légitime ou représailles politiques - aucune preuve définitive ne permet aujourd'hui de trancher.


Ce qui est certain, c'est que l'affaire cristallise un débat plus large sur la manière dont les prises de position des dirigeants africains sont couvertes par une presse largement basée en Europe, et sur la question de savoir qui a le pouvoir de définir la légitimité d'un vote continental.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com




 
 
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