Côte d'Ivoire : Le GIABA engage la jeunesse estudiantine ouest-africaine dans la lutte contre les flux financiers illicites
La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme s’est invitée au cœur du monde universitaire ivoirien. Le Groupe intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), institution spécialisée de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a organisé ce samedi la 6ᵉ édition de son concours interuniversitaire d’art oratoire à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Placée sous le thème « L’impact du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme sur les économies ouest-africaines », cette édition s’inscrit dans la dynamique de sensibilisation et de mobilisation des jeunes engagée par le GIABA depuis 2013.
La compétition a réuni six étudiants issus d’universités du Bénin, du Cabo Verde, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée-Bissau et du Togo. Le Sénégal, initialement attendu, n’a finalement pas pu être représenté.
Environ une centaine d’étudiants, d’enseignants-chercheurs et d’invités ont assisté aux prestations, au cours desquelles les candidats ont abordé plusieurs sous-thèmes liés à la menace du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (BC/FT), à leurs conséquences sur le développement économique des États membres, au rôle du GIABA dans la riposte régionale, ainsi qu’aux stratégies d’implication de la jeunesse et du monde académique.
Face aux menaces croissantes que représentent les flux financiers illicites pour la stabilité financière, la gouvernance et le développement durable, le GIABA considère la jeunesse comme un acteur stratégique de la prévention.
À travers ce concours, l’institution entend renforcer la recherche universitaire sur les dispositifs de lutte contre le BC/FT, susciter l’intérêt des étudiants pour ces enjeux, promouvoir l’esprit critique et l’excellence académique, tout en encourageant l’engagement citoyen.
Des engagements institutionnels réaffirmés
La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs interventions de haut niveau, notamment celles du président de la CENTIF de Côte d’Ivoire, du président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, de la représentante résidente par intérim de la CEDEAO, du représentant du directeur général du GIABA, ainsi que du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Le représentant du ministre, le Pr Adama Diawara a salué une initiative qui engage la jeunesse dans un combat stratégique pour la stabilité financière et la bonne gouvernance. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire, inscrite sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) depuis octobre 2024, a entrepris d’importantes réformes.
Le niveau de conformité technique du pays est passé de 18 recommandations jugées conformes en 2024 à 30 en 2025, traduisant une volonté politique affirmée. Toutefois, le pays demeure sous surveillance renforcée en attendant les prochaines évaluations prévues en 2026 et 2027.
De son côté, la représentante résidente par intérim de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, Fatim Diarré Mahan, a souligné que les flux financiers illicites fragilisent les institutions, découragent l’investissement et menacent la paix régionale. Elle a exhorté les étudiants à proposer des solutions innovantes adaptées aux réalités ouest-africaines.
Au nom du Directeur général du GIABA, Timothy Melaye a insisté sur le rôle central de l’éducation face à une criminalité financière en constante évolution. Le représentant du président de la CENTIF-CI a, quant à lui, plaidé pour une implication accrue des universités et du secteur privé, notamment des PME souvent vulnérables aux risques de blanchiment.
Créé en 2000 par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le GIABA a pour mission de renforcer les capacités des États membres dans la prévention et la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, conformément aux standards internationaux du GAFI.
Au-delà de la compétition d’éloquence, cette 6ᵉ édition se veut un espace d’engagement citoyen et un vivier de talents académiques mieux informés et sensibilisés aux enjeux de transparence et d’intégrité.
À Abidjan, le message est clair : la lutte contre la criminalité financière ne se limite pas aux institutions. Elle passe aussi par les amphithéâtres, les débats d’idées et l’implication active de la jeunesse ouest-africaine.
Wassimagnon
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