Côte d'Ivoire : Yamoussoukro, affaire ZAP, purge de droits coutumiers sur 81 ha, zéro franc payé, la jeunesse de Nanan se révolte
Les représentants des deux familles (ph KOACI)
La grogne monte à Nanan, village au cœur de la Zone Administrative et Politique (ZAP) de Yamoussoukro. Prévue sur une superficie de 81 hectares, la ZAP devait marquer le nouveau visage de la capitale politique. Par un accord tripartite, l'État a confié à l'entreprise PFO la mission d'assurer la purge des droits coutumiers depuis janvier 2025. Près de deux ans plus tard, la jeunesse fait savoir que rien n'a été fait. Zéro franc payé.
Une situation qui n'est plus tenable pour les jeunes du village de Nanan en général, et pour les deux familles propriétaires terriennes en particulier. Les familles Aya Boui, représentée par Dié Yao Jean Yves et Yao Kouamé Franck, et Attroko, représentée par N'Dri Yao Alexis et Kouadio Kouamé Serge, disent avoir trop attendu. Selon elles, le gouvernement a pris une partie de leurs terres et une convention a été signée avec PFO pour le paiement de leurs parcelles. Une convention qui remonterait à bientôt trois ans, depuis 2024, mais dont les paiements ne seraient toujours pas exécutés.
Réunis en urgence dans l'après-midi de ce mercredi 14 octobre 2026, les jeunes ont décidé de briser le silence. Ils entendent faire savoir leur mécontentement à l'opinion et exigent le paiement immédiat de leurs terres.
Qui bloque ? Les jeunes accusent leurs propres responsables familiaux
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les représentants de la jeunesse ne mettent pas directement en cause le chef du village ni l'entreprise PFO. C'est le flou total autour du dossier qu'ils dénoncent.
Selon les représentants, le retard est incompréhensible : « Sérieusement, tout est fait. Tous les papiers sont réunis. Mais jusque-là, on nous dit qu'ils ne sont pas encore payés. »
À la question de savoir qui est mis en cause, ils ont tenu à clarifier : ce ne sont ni le chef du village ni l'entreprise PFO qui sont directement accusés, mais bien leurs propres parents, responsables familiaux chargés de suivre le dossier.
« Ce sont nos parents à nous qui sont nos responsables, nos chefs. Donc ce sont eux que nous accusons. Ils ne nous ont jamais rendu compte de tout ce qui s'est passé », ont-ils déploré.
Ils disent vouloir comprendre où se situe réellement le blocage : s'agit-il d'un manquement de ses responsables familiaux qui les mèneraient en bateau, ou d'un retard de paiement au niveau de PFO ?
« Voilà, on voudrait savoir si réellement il faut appuyer et que c'est eux qui sont en train de nous mener en bateau, ou si c'est PFO qui n'a pas encore payé. On voudrait vraiment comprendre », ont-ils conclu. En attendant des réponses claires, la jeunesse de Nanan dit rester mobilisée.
T.K.Emile
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